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Conférence de Gilberte BEAUX devant un public de 100 personnes

Cette première conférence d’Entreprendre au Féminin a rassemblé 5 Réseaux de femmes chefs d’entreprise de Bretagne.

Cette première Conférence organisée par Entreprendre au Féminin a été un temps fort de la vie du Réseau finistérien comptant 90 femmes chefs d’entreprise. Il accueillait 4 autres réseaux de Bretagne pour des échanges sur les plans humain, économique et politique.

Conférence de Gilberte Beaux,

par Gwenn Le Doaré,
Chargée de mission Entreprendre au Féminin au Centre de formation de Kerliver, Hanvec

Gilberte Beaux entourée de Béatrice Garcia et de Pascale Boutelant

- 

Présentation et introduction par

Pascale Boutelant, DRH et DAF de la société Agrauxine implantée à Quimper

Rappel du fonctionnement et des actions menées par Entreprendre au Féminin. Présentation de la façon dont elle a pensé accueillir Gilberte Beaux, suite à une émission de Faugiel où elle en savait plus sur Bernard Tapie que sur Gilberte, d’où l’envie de faire venir cette femme qui lui semblait être pleine de ressources et de richesses, « une personnalité extraordinaire ».

Pascale Boutelant
Présentation d’Entreprendre au Féminin

- Gilberte Beaux :

mon intérêt pour l’appellation
« Entreprendre au Féminin » ?

Entreprendre : l’un des plus beaux mots de la langue française, c’est prendre en soi, se sentir responsable de ses actes et se dépasser.

c’est aussi participer à la création de richesses et des emplois et donc faire du partage, créer des équipes, tirer le maximum des personnes en leur donnant la possibilité de se réaliser elles-mêmes.

Entreprendre au féminin,
c’est entreprendre de façon différente. Les femmes ont souvent deux fonctions : l’une, au foyer et l’une, dans l’entreprise qu’elles ont créée. Cela nécessite un sens des responsabilités que les femmes ont, qu’elles peuvent porter au sein de l’entreprise. Autre qualité féminine : aller du simple au compliqué, du petit au grand, de l’arbre à la forêt et de la forêt à l’arbre... Grâce à ces allers et retours, à ces montées et descentes d’escaliers, il leur arrive d’organiser leur maison tout en pensant à la négociation qu’elles vont mener juste après...

s’en suit une conversation entre Gilberte Beaux et deux femmes :

- Béatrice Garcia,
Consultante en Ressources et Relations Humaines, Cabinet Complétude implanté à Brest, et

- Daisy Dourdet,
Présidente régionale de Femmes Leaders, Rennes

Rappel de l’histoire de Gilberte Beaux : sans diplômes, venant d’un milieu cultivé ayant tout perdu, corse. Beaucoup de handicaps au démarrage de sa vie. On peut en tirer deux leçons :
-  un handicap, on en sort.
-  on peut changer de métier dans la vie. Gilberte Beaux a souvent changé de pays.

Pour Gilberte Beaux, il est toujours enrichissant de voir ce qui se passe ailleurs, l’objectif étant de trouver un équilibre. Dont un équilibre dans la répartition des richesses.
Un exemple : lors de son expérience au Guatemala, où elle a construit la première affaire pétrolière. Elle y a formé du personnel guatémaltèque. l’extraction du pétrole s’est faite dans l’une des provinces les plus démunies. c’est le challenge qu’elle a le plus aimé parce que, s’il a été une réussite pour les actionnaires, il a aussi contribué au développement social et à l’amélioration de la vie civile d’une région pauvre.

Autre équilibre à trouver : entre famille et travail. Pas en terme de temps mais de qualité d’amour et de sentiments.

Equilibre également ente les hommes et les femmes au travail : importance de la notion de complémentarité. Un homme plus une femme dans une entreprise, cela fait plus que deux, cela fait trois... ou quatre ! Une femme ne porte pas le même regard qu’un homme sur une affaire, c’est le croisement des deux qui permet d’être plus pertinent.

Gilberte Beaux

- Actuellement, Gilberte Beaux est chef d’entreprise en Argentine.

Elle dirige une PME qui emploie environ 60 personnes. Elle va développer le micro-crédit dans sa province, pour aider notamment les femmes à monter leur affaire. Au passage, elle dit son intérêt pour les femmes chefs d’entreprise qui peuvent contribuer à un développement plus important de la Bretagne : « Vive le marrainage, l’entraide. Et la formation, qu’il faut essayer de développer tout au long de sa vie. »

- Quelles sont les difficultés rencontrées par Gilberte Beaux ?

Elle a démarré sa carrière après la guerre, à une époque de plein emploi, comme sténo-dactylo. Les entreprises recherchaient des personnes ayant envie d’apprendre. Or, Gilberte Beaux avait cette obligation d’avoir des revenus, étant donné sa situation familiale et sociale : il s’agissait donc pour elle d’en tirer le maximum. Elle a travaillé très tôt et n’a pas connu l’adolescence. Cette période ne lui a pas manqué.

Elle n’a pas fait d’études, ce qui lui a sans doute donné une vision plus simple et plus directe des évènements. Et qui ne l’a pas empêchée d’être directrice de banque à 27 ans, grâce à son travail. Un conseil au passage : quand on a une idée, ne pas hésiter à l’exprimer. En réunion, souvent les femmes hésitent à prendre la parole, alors qu’il faut toujours aller de l’avant. Toute sa vie, elle a eu confiance en ce qu’elle voulait faire.

- Pour Gilberte Beaux, la liberté
est faite de bonne volonté. La liberté c’est ce que l’on a en soi, une liberté intérieure. Un seul frein à cette liberté : celui qui consisterait à faire du mal aux autres. Il est important d’être tolérant vis-à-vis des autres. Il y a toujours du bon dans chaque être humain.

Tout est intéressant dans la vie ! Il ne faut pas se résigner ni agir uniquement par devoir. On peut aimer son métier et le faire avec joie. On peut aussi accepter librement l’obéissance lorsqu’on la doit à quelqu’un.

- Quel est le moteur dans la vie de Gilberte Beaux ?

Gilberte Beaux
Echanges avec les participants

Dans la vie chacun naît avec un capital. plus ou moins important de beauté, d’intelligence. En fin de vie, la satisfaction serait de se dire qu’on a développé ce qu’on a reçu, et peut-être même fait un peu plus. Gilberte Beaux est consciente de n’en avoir pas fait assez mais a tout de même l’impression d’avoir un peu amélioré ce capital dont elle disposait. Et puis cet objectif de s’améliorer soi est motivant : en s’améliorant, on améliore les autres.

- Quelles sont les valeurs de Gilberte Beaux ?

Elle reconnaît avoir été un être totalement impatient et même parfois intolérant. Avec l’âge, elle a appris à maîtriser... Et à avoir confiance en elle. Un des ses grands regrets est de voir des personnes qui n’arrivent pas à avoir confiance en elles-mêmes. Chacun est responsable de sa vie.

- Sa relation avec Jimmy Goldsmith
(homme d’affaires et homme politique franco-britannique) :
un être extraordinaire qui, comme elle, aimait s’amuser. Sur le plan économique, Gilberte Beaux considère que les Français sont, depuis deux ou trois générations, schizophrènes. En effet :
-  Au niveau personnel, pour leurs enfants, ils sont prêts à tout pour qu’ils réussissent et fassent mieux qu’eux.
-  Au niveau de la société, inversement, ils les endettent durablement dans le temps.
Il faudrait qu’ils parviennent à modifier leurs comportements, à travailler plus. Les 35 heures constituent une aberration. Sur le plan politique, les jeunes Français ont besoin d’un projet et non d’un programme. Il faut les aider à entreprendre, les faire rêver !

- Sa vie en Argentine
lui permet de prendre du recul pour voir que l’on n’est pas grand chose. Là-bas, elle prend le temps de réfléchir, d’aller à l’essentiel. Ses petits-enfants comptent beaucoup à ses yeux, elle souhaite leur donner une « colonne vertébrale ». Elle se rend compte de l’harmonie qu’il y a dans la nature et dans l’homme ; elle est croyante. Tout cela la conforte dans sa foi.

- La parole est donnée à la salle.


Intervention sur le thème de l’égalité femme / homme.

Gilberte Beaux trouve que l’on est en retard en France... parce que les hommes aiment garder leur privilèges. Elle choisit l’exemple du Parlement européen qui, au départ, attirait peu d’hommes. Beaucoup de femmes y ont été élues. Conclusion : quand les portes sont ouvertes, les femmes peuvent y rentrer plus facilement !

- Pour monter :
il vaut mieux travailler pour apprendre quelque chose plutôt que pour gagner de l’argent uniquement. Pour réussir, il faut avoir envie. c’est le seul vrai moteur : la motivation. c’est aussi, chaque fois que se présente une opportunité, la saisir. Immédiatement, sans attendre, se lancer, prendre, prendre, prendre ! Il sera bien temps, après, de s’apercevoir qu’on s’est trompé : c’est mieux que d’être passif.

- Une autre particularité française :
le départ du monde professionnel à 60 ans. Une citation : « Chaque être humain représente une bibliothèque qui s’évanouit et disparaît à sa mort . » Les personnes plus âgées peuvent apporter aux plus jeunes.
Pour autant, Gilberte Beaux n’aime pas que l’on légifère et préfère que les choses se fassent naturellement. Les pays qui ont permis aux femmes de prendre une place en politique ont de meilleurs résultats, ainsi les Scandinaves.

- Une leçon de la vie :

quand on est dans un pays, travailler avec les gens de ce pays, s’imprégner totalement de la culture locale. Par exemple au Guatemala : voir ce qui leur est utile avant tout. Petit à petit, développer le niveau de vie de ses habitants En 5 ans, ils ont créé 500 km de routes supplémentaires. Il faut savoir négocier aussi avec le chef des Indiens.

- Comment faire face à la souffrance humaine au travail ?

Quel regard sur ce cancer qui ronge la force humaine et attente à la productivité dans l’entreprise ?
La vie est une lutte de tous les instants. Il faut se battre. Le plus fort gagne mais le plus fort n’est pas toujours le plus grand ! La vie n’est pas rose. Il existe toujours des prédateurs. On se défend avec la force que l’on a en soi. Se dire : « J’ai tel problème dans la journée : c’est moi qui vais gagner. » Cela ne signifie pas être agressif. ! La sérénité est essentielle. On gagne si on a décidé de gagner, en ayant foi en soi.

- Comment rebondir suite aux échecs ? On soigne ses plaies et on recommence. Il faut donner aux gens le courage de se battre, le goû »t de vaincre.

- En ce sens, Entreprendre au Féminin prouve que les femmes chefs d’entreprises fortes peuvent sortir les plus faibles de leur solitude. Les femmes peuvent être source de cohésion sociale, donner un sens aux projets.

Cette première Conférence organisée par le Réseau

de femmes chefs d’entreprises Entreprendre au Féminin s’est prolongée autour d’un cocktail et d’une séance de dédicaces. Ce fut l’occasion d’échanger sur des questions restées en suspens, des témoignages d’expériences plus difficiles, des désaccords, des différences de contextes, etc...

REMERCIEMENTS :

Merci à Gilberte Beaux d’avoir accepté de se joindre à nous durant cette première journée des réseaux de femmes chefs d’entreprise de Bretagne, à Bénodet.

Merci à Pascale Boutelant d’avoir ouvert cette conférence organisée par Entreprendre Au Féminin dont elle est membre actif.

Merci à Béatrice Garcia et à Daisy Dourdet d’avoir accompagné Gilberte Beaux dans l’exposé de sa vie et de ses convictions de dirigeante.

Merci à Gwenn Le Doaré pour sa prise de notes et son compte rendu.

Merci à Hélène Berre, écrivain public et photographe, pour son reportage photos et son appui en écriture.

Merci à Valérie Bouchon, directrice du Casino de Bénodet pour son accueil et la mise à disposition de son établissement.

Merci à Marina Bouchet, Chargée d’Ingénierie de formation au Centre de Formation de Kerliver, partenaire d’Entreprendre au Féminin, pour l’organisation du point-vente du livre de Gilberte Beaux .

Merci à Marguerite Le Rest, Cabinet de Gestion Patrimoniale à l’Ile Tudy, à Véronique Istin, Moldéo à l’Ile Tudy et à Cathy Fagot, Prêt’Lude & Cie à St Pol de Léon, pour leur collaboration à l’accueil des participants.

Merci à Christelle Le Pennec et à Michelle Jéquel, chargées du Réseau Entreprendre au Féminin, pour l’organisation de la journée.

Béatrice Garcia, Pascale Boutelant, Michelle Jéquel, Véronique Istin, Christelle Le Pennec, Gilberte Beaux, Daisy Dourdet, Cathy Fagot ,

Merci à toutes celles et à tous ceux qui se joints à nous pour faire de cette journée une belle journée d’échanges et de partage.

le 20 juillet 2006 par Michelle JEQUEL