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« Et pourquoi pas ? » - Cécile Dutray - Micro-brasserie « Follette »

Ce portrait vous est proposé grâce au soutien de la Fondation ManpowerGroup.

Cécile a baptisé sa brasserie du nom de la légende de son village, selon laquelle une femme, « la follette », emmènerait les hommes pour les perdre en forêt…
L’idée de la brasserie est pourtant née loin de la forêt de Gomené et de la Bretagne, à l’issue d’un voyage à Pragues, ville brassicole de renom. Cécile et sa sœur y ont, entre autres, visité quelques brasseries, dégusté quelques bières. L’idée jaillit sur la route du retour …

« Et pourquoi pas fabriquer ma propre bière ? »

A cette époque, Cécile est en contrat d’assistante vétérinaire après avoir suivi un BTS Production animale et une licence Environnement. Elle commence par s’essayer à la fabrication de bière en petites quantités et retrouve vite le plaisir de la transformation des produits comme lorsqu’elle projetait de fabriquer son fromage.
L’expérience lui plaît ; les bulles sont au rendez-vous !
Ses proches ne sont pas les seuls à la soutenir, le territoire semble également particulièrement réceptif au projet. Les choses sérieuses peuvent commencer…

À la fin de son contrat, en mars 2016, Cécile se rapproche d’abord de Pôle emploi et se voit orientée vers la BGE et les chambres consulaires pour préparer son budget. En parallèle, elle entend parler d’Entreprendre au féminin et contacte Josette Vivier, la chargée de mission des Côtes d’Armor qui la reçoit en Entretien de positionnement. Josette l’invite également à participer, le lendemain, à l’atelier réseau qu’organise justement l’association à Carhaix à… la brasserie Coreff.
« L’accompagnement d’EAFB m’a surtout permis de sortir de l’idée et de concrétiser les choses », précise Cécile, après avoir salué la bonne articulation des acteurs de l’accompagnement. Le témoignage des autres femmes en création ou déjà cheffes d’entreprise a également été très précieux, sans parler du soutien et des encouragements.
La seule étape sur laquelle Cécile va rencontrer des difficultés concerne l’aspect financier. La ferme dans laquelle elle vit avec son compagnon se prêterait parfaitement à la production de bière, à condition d’y réaliser quelques travaux. Les propriétaires acceptent de leur céder mais les banquiers refusent le dossier. C’est là que Cécile réalise à quel point le projet est important pour elle.

« Pas question de lâcher ! »

« La brasserie me tenait tellement à cœur que je ne me suis pas dégonflée. J’ai su négocier alors que je ne m’en pensais pas capable. » Cécile avoue aujourd’hui qu’elle est fière de la persévérance dont elle a fait preuve à cette époque et ajoute sans hésiter, sous forme de conseil à toutes les porteuses de projet : « Ne rien lâcher ! Et s’entraider ! »
Bien que basé uniquement sur le CDI de son compagnon, le prêt sera finalement accepté. Cécile lance les travaux dès janvier 2017 et commence la fabrication fin février. Depuis, la jeune cheffe d’entreprise (EIRL) consacre un jour par semaine au brassage dans des cuves de 300 litres et un autre jour à la mise en bouteille et à l’étiquetage. Le reste de la semaine est réservé à la commercialisation, au démarchage, aux marchés.

Production, commercialisation : deux aspects bien différents du métier que la brasseuse de Gomené a la chance d’aimer autant l’un que l’autre. Et elle n’est pas la seule apparemment. L’activité a en effet le vent en poupe ; une nouvelle brasserie ouvre ses portes chaque mois en France. En Bretagne, elles sont déjà une bonne centaine et placent la région en 3e position en termes de production.

« Mon objectif ? Faire plaisir aux autres. »

Cécile a décidé de miser sur des produits de qualité et se réjouit de l’ouverture prochaine d’une malterie bio à Vannes. Adepte de la simplicité, elle a opté pour une recette originale à base de malt et de houblon, rien de plus. Elle souhaite proposer des bières accessibles à tous (femmes/hommes, tous âges) et vise un marché de proximité.
Cécile n’a pas l’intention de s’arrêter à la production de bière et souhaite au plus vite offrir… de la convivialité. Elle projette en effet de partager son expérience et son plaisir à produire à l’occasion d’initiations au brassage et de concerts qu’elle organisera dans la future salle des fêtes, une fois la dépendance de la ferme rénovée !

Enfin, au-delà de son savoir-faire et de sa générosité, Cécile a l’avantage d’être une femme. Elle avoue volontiers que « ça marque les gens sur les salons, ça impressionne même ! », une carte de plus à jouer !

Portes ouvertes à la brasserie tous les jeudis de 16h à 20h
La Follette sera également présente au Craft beer, à St Malo, les 24 et 25 Mars
microbrasseriefollette.fr
02 96 26 03 10
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le 8 mars 2018 par Gaëlle Vigouroux