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« La force que donne le fait d’être à sa place »

Portrait d’Hélène Le Berre - Éthologue grands mammifères

Ce portrait vous est proposé grâce au soutien de la Fondation ManpowerGroup.

Hélène fait partie du réseau EAFB depuis le printemps 2016. Elle dit s’y nourrir d’une énergie qu’elle ne trouve pas ailleurs, celle de l’envie, du désir de se mettre en mouvement, de réaliser.
Une énergie qui semble faire écho à celle qui l’habite depuis sa mission en Israël, il y a dix ans.
Retour sur un parcours qui témoigne de « la force que donne le fait d’être à sa place ».

« Le choix est parfois difficile. Le chemin aussi. Mais est-ce qu’il y a quelque chose de plus important que de se réaliser ? »

Depuis son plus jeune âge, Hélène se sent terriblement attirée par l’océan et plus largement par la puissance de la nature et des animaux. Son bac en poche, elle prend naturellement le chemin de la fac de biologie. Mais 2 semaines après la rentrée, « poussée par une forme d’urgence à faire ce qu’elle aime  », elle décide de quitter l’université pour... le plateau du Golan, en Israël.
Elle parle de ces quatre mois consacrés à l’observation des vautours fauves comme du véritable commencement de SA vie. C’est la révélation.
À son retour, forte de cette expérience à la fois professionnelle et intime, Hélène entame un BTS GPN (Gestion et Protection de la Nature) et s’envole vers l’Équateur, pour étudier les caractéristiques de la mangrove, avant même que ses professeurs aient signé son autorisation de stage.

Elle part ensuite près d’un an en Guinée Conakry pour une mission d’observation des chimpanzés, et postule en parallèle à un Master recherche « Éthologie-Écologie ». Elle sait qu’il lui manque une licence mais elle sait aussi ce qu’elle veut. À son retour en France, Hélène découvre avec émotion que son dossier est accepté  ! Elle réalisera ses stages, d’abord en Guinée pour terminer son travail auprès des chimpanzés puis parmi les loups de Russie, en 2e année.

Israël, Equateur, Guinée… À ceux qui se demandent s’il lui arrive d’avoir peur, Hélène explique que depuis sa mission en Israël, elle ressent au contraire un immense apaisement. « C’est lorsqu’on n’est pas à sa place qu’on a peur ou qu’on peut se sentir sclérosé. »

Après la Russie, Hélène passe sa licence de pilote privé d’avion (PPL 1) avant de partir au Québec. Un voyage sans mission particulière, motivé par un vieux rêve de Canada et qui la conduit tout droit au centre d’observation des baleines qui, justement, recrute !! Elle va pouvoir réaliser l’un de ses rêves en observant les grands mammifères marins. Une plongeuse de l’équipe québécoise lui proposera ensuite d’aller observer les baleines à bosse en Guadeloupe. Les missions s’enchaînent.
Entre ces 2 dernières, Hélène a pris le temps d’envoyer un dossier de candidature pour une mission dans les Terres Australes, avec le CNRS. 250 candidats pour 5 postes.
La détermination d’Hélène fait encore ses preuves.

« Entreprendre : avant de créer son entreprise, c’est d’abord se mettre en action »

Après 14 mois passés sur l’Ile d’Amsterdam, en plein milieu de l’Océan Indien, le retour en métropole est très difficile pour Hélène qui comprend, à ce moment-là, que si elle repart, elle ne reviendra jamais vraiment.
Dix ans après Israël, elle éprouve au contraire l’envie de partager ce qu’elle vit sur le terrain, de contribuer à la rencontre entre les hommes et les animaux sauvages. Reste à trouver la forme qui lui permettra de créer cet équilibre entre son travail de terrain et son désir de transmettre.

C’est à ce moment-là qu’elle entend parler d’Entreprendre au Féminin Bretagne. Elle participe à un atelier de l’association et organise une conférence avec le comité d’animation. Lors de son intervention « Entrepreneur(e)s : prise de risque, innovation, droit à l’échec, ce que le monde animal nous enseigne…  », Hélène mesure, dans le regard des femmes venues l’écouter, la force des enseignements tirés de l’observation des animaux.
L’équilibre recherché commence à prendre des allures de « possible »…

La formation EAFB Émergence de projets, suivie au printemps 2017, l’aide par la suite à affiner son projet de vie et à créer son entreprise « Parenthèse sauvage ». Aujourd’hui, Hélène prépare un programme scientifique indépendant, basé à la fois sur l’étude du comportement animal sous l’eau et sur l’accueil de particuliers. En collaboration avec une apnéiste et un photographe, elle souhaite associer l’expérience de la rencontre avec les animaux sauvages à celle de l’apnée…
« Une invitation à dépasser ses limites, à explorer ses propres profondeurs. »

Avis aux amateurs !

www.heleneleberre.org
helene.leberre56@gmail.com

La prochaine conférence d’Hélène Le Berre aura lieu à Trégueux (proche Saint-Brieuc, le 26 janvier 2018. Plus d’infos par ici : http://www.entreprendre-au-feminin.net/Conference-Entrepreneur-e-s-prise-de-risque-innovation-droit-a-l-echec-ce-que, inscriptions par là : https://www.weezevent.com/entrepreneures-ce-que-le-monde-animal-nous-enseigne

Un portrait rédigé par Félicie Louf, chargée de mission EAFB et entrepreneure

le 13 janvier 2018 par Gaëlle Vigouroux