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Pourquoi les ingénieurs sont-il si souvent des hommes ?

Un article de Camille Richer, responsable du Marketing France pour TradeMachines.fr

Seulement 21 % des ingénieures sont des femmes en France, 13 % aux Etats-Unis. Et la situation est à peu près la même dans tous les pays du monde. Comment expliquer cela ? Camille Richer, responsable marketing du site TradeMachines.fr s’est penchée sur la question.

Pour voir l’ensemble de l’infographie, rendez-vous sur http://trademachines.fr/info/womengineer/

Il est intéressant de constater que le choix des études se forme, de façon inconsciente, souvent, dès le plus jeune âge, à grand renfort de préjugés plus ou moins assumés : “Les filles ne sont pas bonnes en maths”, “Les sciences, c’est pour les garçons”, et bien d’autres encore. Pourtant, la parité est presque atteinte en classes de Terminale Scientifique ou Technologique, et les notes n’ont aucune corrélation avec le genre... Cela signifie donc qu’à compétences égales, les femmes vont pourtant préférer “quitter le navire” après le BAC pour se diriger vers d’autres sujets que l’ingénierie.

Pourquoi ? Et bien les femmes ne s’y sentent pas les bienvenues, et pourquoi donc devenir ingénieures alors que “les maths c’est pour les garçons” ? Les injonctions qui nous sont répétées par les parents, les professeurs, les camarades de classe, sont bien plus importantes qu’elle n’en ont l’air, et forment une sorte de “modèle mental”, accentué par ce que l’on appelle en psychologie “la menace du stéréotype”, ou le fait de sous-performer lorsque les stéréotypes sont mis en avant.

Bien sûr, les choses évoluent, puisque sur les 20 dernières années, le nombre de filles en écoles d’ingénieur a progressé 3 fois plus rapidement que le nombre de garçons. Il reste tout de même beaucoup à faire : en France, la parité en école d’ingénieur, malgré la forte progression des filles, ne devraient être atteinte qu’en 2075 !

Que peut-on faire pour changer les choses ?

Tout d’abord, il y a un fort besoin d’éducation (auprès des filles et des garçons), dès l’école. Les filles doivent intégrer le fait qu’elle sont tout aussi capables que les garçons d’étudier les sciences. Les garçons, quant à eux, doivent être de bons “alliés” et encourager leur homologues féminines. Notamment, des campagnes comme Ingénieuses ‘17 envoient des femmes ingénieures parler aux élèves dans les lycées, afin de démystifier le métier d’ingénieur.

De plus, il est important de plus médiatiser les femmes ingénieures, dont on entend beaucoup parler dans le cadre d’histoires de harcèlement, mais peu lorsqu’il s’agit de “success stories”. Là aussi, les choses changent : le film “Les Figures de l’Ombre” parlent de trois femmes ingénieures ET noires, et des associations comme Entreprendre au Féminin Bretagne contribuent à la création de rôles-modèles, qui vont pouvoir inspirer de nombreuses jeunes filles pour les années à venir. [Merci Camille !]

Camille Richer

L’auteure : « Je suis responsable du Marketing France pour TradeMachines, un moteur de recherche pour machines d’occasion, et co-réalisatrice de l’infographie. Je travaille au sein d’une équipe principalement féminine - 3 femmes et 2 hommes - mais dans un milieu très encore très masculin - les machines industrielles. Cela, plus le fait que je coopère régulièrement avec 3 femmes ingénieures, m’ont fait m’intérrroger sur la place de la femmes dans ces milieux typiquement vus comme machos. Cette reflexion, ainsi que mon expérience personnelle en tant que femme, ont été à l’origine de l’infographie »Womengineer« . »

le 5 septembre 2017 par Gaëlle Vigouroux