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Table ronde : des constats chiffrés et genrés

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M.N. CHALAYE, chercheuse à l’UBO a participé au lancement d’Entreprendre Au Féminin Bretagne, en 2002.

Quelques constats de différences entre des entreprises portées par des femmes ou par des hommes :

  • Entre 2002 et 2010, une analyse des entreprises du CAC 40 ayant plus de 35% de femmes émet les constats suivants : indicateurs de meilleure rentabilité, un meilleur CA et un meilleur recrutement.
  • Les TPE féminines présentent des handicaps économiques : elles sont moins créatrices d’emplois (idem aux USA et Canada).
  • L’accès au financement : elles s’autofinancent, ont moins recours au crédit (seulement 45%).
  • Autre constat : il y a peu de femmes parmi les institutionnels du financement.
  • Les femmes ont des projets différents : elles vont beaucoup sur des services où le taux de performance est faible. Elles sont peu représentées dans le secteur de l’innovation et n’ont donc pas accès aux capitaux risques.
  • Une étude menée par l’université du Texas démontre l’existence de différences de comportement entre hommes et femmes dans la relation de négociation. Or, cette relation de négociation détermine la manière dont on va dépendre l’un de l’autre et est liée à l’estime de soi et aux stéréotypes de sexe.
  • La notion de rotation du pouvoir est moins forte chez les femmes car elles tiennent à leur indépendance et ont un parfois une « estime de soi » moins développée. Mais elles sont meilleures dans l’expression verbale.
  • Les femmes semblent avoir une aversion culturelle au risque. Elles développent donc des choix moins ambitieux mais plus prudents et donc s’en sortent mieux en cas de crise.

Problématique : les entreprises féminines ne créent pas d’emploi et c’est ce que les institutionnels recherchent.

Mme DEMINEL, responsable du service information économique de la CCI de Quimper apporte des chiffres assez éloquents et démontrent l’importance des TPE dans l’économie Cornouaillaise.

  • 11 500 Entreprises dont 90% de TPE.
  • Seulement 17 Entreprises de plus de 250 salariés.
  • Les femmes représentent 24% des dirigeantes d’entreprises.
  • En 2008, 21% des entreprises créées étaient créées par des femmes.
  • 20% des entreprises hébergées au sein de la Pépinière d’Entreprises de Quimper sont portées par des femmes.

Frédéric LE TEUFF, Directeur de la Pépinière d’Entreprises de Quimper identifie quelques différences entre créateurs et créatrices :

  • Les créatrices portent souvent des projets murement réfléchis. La durée de maturation du projet est entre 8 mois et 1 an.
  • Les créatrices restent un peu moins longtemps en pépinière.

Marie Rose LANNUZEL, expert-comptable constate que :

  • Les femmes sont peu présentes dans l’artisanat. On les retrouve de plus en plus dans les professions règlementées (par ex. : avocats)
  • Leurs sociétés sont plus petites.
  • Elles ont souvent le souhait de garder la maîtrise de leur projet et ne recherchent pas la croissance à tout prix.
  • La notion de réussite semble être davantage liée à une conciliation des temps de vie

Pour Isabelle GUEGUEN, sociologue et co-gérante de la SCOP Perfegal, ce souhait de conserver une entreprise petite et de ne pas embaucher pourrait être le résultat d’une expérience du salariat négative (les femmes occupent souvent des fonctions d’assistantes, alors même qu’elles ont un haut niveau de qualification).

Au sein des Finistères Angels, Alain TUFIGO reconnaît la faible présence des femmes (une seule femme membre du réseau). Le message est cependant lancé : « On vous attend les FEMMES ! »

Les femmes sont majoritairement présentes au sein de l’Economie Sociale et Solidaire : 64% des salariés sont des femmes. Selon Yannick BIGOUIN, Directeur de la CRESS Finistère, cette surreprésentation est liée au secteur d’activité de ces entreprises, davantage tournées sur le social et le médico-social.

Au sein de Chrysalide, 51% des entrepreneurs salariés sont des entrepreneures.

Au niveau des réseaux d’entrepreneurs mixtes, 45% des adhérents du réseau Courants Porteurs sont des femmes et 30% de femmes membres du CJD au niveau national. Une présence moins importante des femmes au sein du CJD Finistère, avec pourtant la présence d’une dirigeante à sa présidence.

Pour Marc LABBEY, vice-président au développement économique à la Région Bretagne, il y a quelques constats :

  • Les femmes sont moins nombreuses sur la création d’entreprise.
  • Les champs d’activité des hommes et des femmes sont différents.
  • En ce qui concerne la technopole de Quimper, dirigée par R. LE DEN, 20 à 25% des créateurs accompagnés sont des créatrices.
  • Cette année 2009 semble se distinguer par une réelle parité puisque la part des femmes est de 50%.

SOMMAIRE DU DOSSIER
I. Les Aides existantes dans les Finistère
II. l’évolution des représentations de la place des femmes au travail et dans la société - Florence Rochefort Chercheuse au CNRS
III. Témoignages de Mercédes Jacotot (l’Atelier de Mercé) et de Pascale Demontfaucon (Agrauxine), deux femmes chefs d’entreprises
IV. Table ronde : les constats chiffrés et genrés (Interventions CCI, Pépinière M.N. Chalaye, chercheuse UBO, SCOP Perfegal, CRESS, Région Bretagne)
V. Témoignages de Murielle Kermarrec (Diladou) et de Sophie Le Douarin (bookBeo)
VI. Les solutions pour encourager et aider ces entreprises
VII. Synthèse

  • Alain Tuffigo - Finistère Angels

  • Emilie Kermanach - Chrysalide

  • Madame Deminel - CCI Quimper

  • Valérie Viel - Courants Porteurs

le 22 décembre 2008 par Gaëlle Vigouroux